L'adversaire de Biesheim et son président sont atypiques dans le monde du ballon rond. Decize vient de gravir cinq échelons en sept ans depuis l'arrivée de Jean-Philippe Panier, un gagnant du Loto qui s'est offert Reynald Pedros.
Fondé en juin 2003 à l'issue de la fusion entre le Sporting club Imphy Football et l'Association sportive de Decize, deux villes distantes d'une vingtaine de kilomètres, le Sud Nivernais Imphy-Decize est le club dont on parle depuis le début de saison. En raison notamment de la personnalité de son président-mécène, Jean-Philippe Panier, qui vient de participer à cinq accessions en sept ans, quatre avec Imphy, la cinquième avec le SNID deux ans après la fusion, et de la signature au club de l'ex Nantais Reynald Pedros en début de saison.
Le CFA, directement
« Nous voulons monter en CFA, si possible cette année ». Jean-Philippe Panier est un homme pressé. Ses cinq accessions qui l'ont mené de la première division de district en CFA 2, ne l'ont semble-t-il pas rassasié. « Notre ambition est effectivement de monter directement en CFA, confirme Christian Felci, l'entraîneur au club depuis deux ans. On a renforcé l'équipe avec de nombreux joueurs de CFA et de CFA 2, et on cherchait un leader. Avec Reynald Pedros, le président a décroché le gros lot. » Un second jackpot après celui décroché il y a quelques années grâce au Loto. « C'est ce qui se dit, concède Christian Felci, mais je ne l'ai jamais entendu de la bouche du président. On n'en parle pas. » Dans la Nièvre, même les plus tenaces ne cherchent plus la confidence présidentielle qui n'avouera jamais qu'en décrochant le gros lot au Loto, il a pu vivre sa passion en devenant le principal bailleur de fonds du football nivernais. « J'injecte de l'argent, disait-il à nos confrères de L'Équipe, il y a quelques mois, mais je préfère ne pas compter, ça ferait peur à ma femme. »
Reynald est notre ambassadeur
Christian Felci se réjouit bien évidemment des largesses de son président, « il est passionné, exigeant et se donne les moyens de ses ambitions ». Arrivé au SNID l'année de la fusion, l'ancien professionnel d'Angers, de Laval, Besançon et Cuiseaux-Louhans puis entraîneur de Tarbes, Romorantin et Thouars, a immédiatement gravi un échelon avec son nouveau club et vise une nouvelle accession malgré un départ difficile. « On espérait mieux que la 10e place qu'on occupe aujourd'hui, compte tenu des efforts financiers du club, avoue le coach. Nous sommes à sept points du premier, Montluçon, le favori de la poule qui nous a battus 2-0 la semaine dernière, mais la saison est loin d'être terminée. » La venue de Reynald Pedros, 33 ans, qui vient pratiquement de passer deux années blanches après avoir bourlingué de Nantes à Bastia en passant par Parme, Naples, Lyon, Montpellier et Toulouse, « je me suis parfois senti inutile, ici je sais que l'on attend énormément de moi et ça me fait du bien », a ravi Christian Felci qui ne tarit pas d'éloges sur le joueur aux 25 sélections. « C'est un garçon attachant et formateur pour ses coéquipiers qui s'est parfaitement intégré dans l'équipe. Il s'investit beaucoup et est devenu notre ambassadeur en quelque sorte. » Demain à Biesheim, le champion de France 95 sera du voyage, mais ne foulera pas la pelouse du stade municipal. « Il est indisponible depuis quatre semaines en raison d'un problème au mollet, note l'entraîneur. Mais nous avons d'autres arguments. La Coupe a une saveur particulière et nous voulons y goûter comme tout le monde. L'année dernière, nous avions atteint le 8e tour, ce serait sympa de faire mieux. » Un stade que les Biesheimois avaient également atteint, il y a deux ans, à l'occasion d'une élimination de triste mémoire à Villeurbanne et qu'ils aimeraient évidemment à nouveau toucher. Cela passera par Imphy-Decize, avec ou sans Pedros.
Hubert Himburg
http://www.alsapresse.com/jdj/04/11/19/IS/2/article_6.html

