NANTES ET SI BIEN
C'est une bande de jeunes qui joue au ballon, domine les stars du championnat et apporte un second souffle au football. Les Nantais se font plaisir sur un terrain, et nous avec
LES « gamins » du FC Nantes-Atlantique, huit jours après avoir humilié l'Olympique de Marseille au Stade-Vélodrome, ont anéanti samedi à La Beaujoire une équipe de Montpellier (6-0) qui avait pourtant crânement entamé le match, et continuent ainsi de chahuter dans la cour des grands.
Ainsi les actions offensives de Ziober, Divert et Pickeu pendant les vingt premières minutes furent contrées par la bande à Coco Suaudeau, qui a ensuite réussi le match parfait, après le premier but inscrit par Patrice Loko à la 26e minute.
Jouant à une touche de balle, constamment en mouvement, s'engouffrant dans tous les espaces, alliant le brin de folie de ces élèves qu'ils étaient encore il y a trois ans à l'école des sportifs de la Jonelière, et l'expérience de vieux briscards, ils ont fait monter l'addition avec une régularité de métronome.
Quasiment inconnus en début de championnat, les jeunes « Canaris » assomment à coups de crampons la conception « réaliste » du football qui s'était imposée dans les années 80, où le résultat ne pouvait se concevoir sans rigueur tactique, écartant définitivement la fantaisie et l'inspiration, tant individuelle que collective.
Jean-Claude Suaudeau n'hésite d'ailleurs pas à parler d'« intelligence collective » comme fil conducteur du nouveau jeu à la nantaise.
Leur force, en plus de leur mobilité et de l'esprit d'équipe insufflé par leur entraîneur, vient peut-être également du fait qu'ils ont passé plusieurs années ensemble sur les bancs du même collège.
Ce ne sont pas le gardien montpelliérain Claude Barrabé ni Michel Der Zakarian, « patron » d'une défense qui était la deuxième du championnat avant la débâcle de La Beaujoire, qui diront le contraire.
« Avec tout leur talent et leurs petits salaires, ils poussent vers la sortie les professionnels de vingt-huit ans qui gagnent beaucoup plus qu'eux », déclarait même, un peu las, le président de Montpellier, Louis Nicollin.
Six à zéro, il s'agit ici de la victoire la plus importante depuis le début de championnat, dont les Nantais sont leaders avec la meilleure attaque (29 buts) quelques mois à peine après avoir failli être relégués en deuxième division.
Plongé dans une grave crise financière en fin de saison dernière, le club nantais a changé de nom et de président mais a surtout bouleversé en profondeur sa vision du football en renonçant à suivre les grosses écuries fortunées du championnat français pour faire pleinement confiance à ses jeunes.
Chose rare samedi : tous les attaquants ont marqué. Patrice Loko et Reynald Pedros, un but chacun, alors que Nicolas Ouedec et le félin Japhet N'Doram réussissaient le doublé.
Cette multiplicité des buteurs, ajoutée au fait que le capitaine Zoran Vulic, libero trentenaire qui fait figure de papet au milieu de la « pouponnière » nantaise, est capable de marquer à tout moment sur coup franc, constitue un atout supplémentaire pour cette équipe complète qui continue d'attaquer même lorsqu'elle mène 2 à 0.
« Indiscutablement, Nantes apporte du nouveau », déclarait le sélectionneur national, Gérard Houllier, qui suivait la rencontre des tribunes en spectateur intéressé à un moment le onze tricolore est toujours à la recherche d'une seconde jeunesse.
« Je suis surpris. J'espère que les gamins vont continuer à surprendre, mais l'objectif demeure le même : le maintien », affirmait pour sa part un Jean-Claude Suaudeau angélique.
Et modeste comme un jardinier qui sait ce que patience veut dire.
http://www.humanite.fr/journal/1992-10-26/1992-10-26-663113
Détails saison 1992-93
Saison 1992-93 (5è)
Pedros 37 match
Transferts à l'intersaison : En ces temps de crise (le club est relégué pour raisons financières pendant quelques semaines avant d'être repêché), le FC Nantes doit vendre de nombreux joueurs importants : Thierry Bonalair (Auxerre), Jean-Jacques Eydelie et Marcel Desailly (Marseille), Joël Henry, Thierno Youm, et surtout la star de l'équipe Jorge Burruchaga (Valenciennes). Johnny Molby et David Saint-Guily, qui n'ont pas convaincu, quittent aussi l'équipe.
Pour faire face à cette hémorragie, le club mise sur les jeunes et peu de joueurs sont recrutés : l'Uruguayen Jose Dalmao, le Rennais Serge Le Dizet et le revenant Fabien Debotté (Caen) renforcent l'effectif.
Disposition tactique : Pour cette équipe rajeunie, Coco Suaudeau adapte la tactique aux points forts des joueurs, et plus particulièment de Pedros et Makélélé (acheté à Brest 6 mois auparavant), qui découvre la D1. L'équipe s'appuie sur une défense à 4 classique, deux milieux défensifs (dont un plus offensif et excentré à droite), deux milieux offensifs (dont un excentré à gauche, cette fois) et un duo d'attaquants.
En vrac :
-En début de saison, puis ensuite en fonction des absences, le polyvalent Karembeu joue souvent au milieu de terrain. Mais sa place dans un effectif au complet est clairement à droite de la défense.
Détails saison 1993-94
Nantes 5ème
Pedros 37 match
Transferts à l'intersaison :Départs de Zoran Vulic (Majorque), Fabien Debotté (Ancenis) et Jose Dalmao (Dunkerque).
Côté recrues, les renforts sont Nourredine Naybet (WA Casablanca), Christophe Pignol (Istres) et Samson Siasia (Lokeren).
Disposition tactique : Comme la saison précédente, Suaudeau module son 4-4-2 en fonction des particularités des meilleurs joueurs de l'effectif : 4 défenseurs à plat, deux milieux défensifs (dont un plus avancé et positionné plus à droite), un milieu offensif gauche, un meneur de jeu et deux attaquants de pointe.
En vrac :
-Patrice Loko, parfois blessé et victime de problèmes personnels, manque une grande partie des matches de la saison, mais est titulaire indiscutable quand il est opérationnel.
-En fin de saison, Pignol devient titulaire sur le côté gauche de la défense. Le Dizet bascule alors à droite et Karembeu au centre, à la place de Guyot. Karembeu joue aussi en quelques occasions au milieu de terrain.
C'est une bande de jeunes qui joue au ballon, domine les stars du championnat et apporte un second souffle au football. Les Nantais se font plaisir sur un terrain, et nous avec
LES « gamins » du FC Nantes-Atlantique, huit jours après avoir humilié l'Olympique de Marseille au Stade-Vélodrome, ont anéanti samedi à La Beaujoire une équipe de Montpellier (6-0) qui avait pourtant crânement entamé le match, et continuent ainsi de chahuter dans la cour des grands.
Ainsi les actions offensives de Ziober, Divert et Pickeu pendant les vingt premières minutes furent contrées par la bande à Coco Suaudeau, qui a ensuite réussi le match parfait, après le premier but inscrit par Patrice Loko à la 26e minute.
Jouant à une touche de balle, constamment en mouvement, s'engouffrant dans tous les espaces, alliant le brin de folie de ces élèves qu'ils étaient encore il y a trois ans à l'école des sportifs de la Jonelière, et l'expérience de vieux briscards, ils ont fait monter l'addition avec une régularité de métronome.
Quasiment inconnus en début de championnat, les jeunes « Canaris » assomment à coups de crampons la conception « réaliste » du football qui s'était imposée dans les années 80, où le résultat ne pouvait se concevoir sans rigueur tactique, écartant définitivement la fantaisie et l'inspiration, tant individuelle que collective.
Jean-Claude Suaudeau n'hésite d'ailleurs pas à parler d'« intelligence collective » comme fil conducteur du nouveau jeu à la nantaise.
Leur force, en plus de leur mobilité et de l'esprit d'équipe insufflé par leur entraîneur, vient peut-être également du fait qu'ils ont passé plusieurs années ensemble sur les bancs du même collège.
Ce ne sont pas le gardien montpelliérain Claude Barrabé ni Michel Der Zakarian, « patron » d'une défense qui était la deuxième du championnat avant la débâcle de La Beaujoire, qui diront le contraire.
« Avec tout leur talent et leurs petits salaires, ils poussent vers la sortie les professionnels de vingt-huit ans qui gagnent beaucoup plus qu'eux », déclarait même, un peu las, le président de Montpellier, Louis Nicollin.
Six à zéro, il s'agit ici de la victoire la plus importante depuis le début de championnat, dont les Nantais sont leaders avec la meilleure attaque (29 buts) quelques mois à peine après avoir failli être relégués en deuxième division.
Plongé dans une grave crise financière en fin de saison dernière, le club nantais a changé de nom et de président mais a surtout bouleversé en profondeur sa vision du football en renonçant à suivre les grosses écuries fortunées du championnat français pour faire pleinement confiance à ses jeunes.
Chose rare samedi : tous les attaquants ont marqué. Patrice Loko et Reynald Pedros, un but chacun, alors que Nicolas Ouedec et le félin Japhet N'Doram réussissaient le doublé.
Cette multiplicité des buteurs, ajoutée au fait que le capitaine Zoran Vulic, libero trentenaire qui fait figure de papet au milieu de la « pouponnière » nantaise, est capable de marquer à tout moment sur coup franc, constitue un atout supplémentaire pour cette équipe complète qui continue d'attaquer même lorsqu'elle mène 2 à 0.
« Indiscutablement, Nantes apporte du nouveau », déclarait le sélectionneur national, Gérard Houllier, qui suivait la rencontre des tribunes en spectateur intéressé à un moment le onze tricolore est toujours à la recherche d'une seconde jeunesse.
« Je suis surpris. J'espère que les gamins vont continuer à surprendre, mais l'objectif demeure le même : le maintien », affirmait pour sa part un Jean-Claude Suaudeau angélique.
Et modeste comme un jardinier qui sait ce que patience veut dire.
http://www.humanite.fr/journal/1992-10-26/1992-10-26-663113
Détails saison 1992-93
Saison 1992-93 (5è)
Pedros 37 match
Transferts à l'intersaison : En ces temps de crise (le club est relégué pour raisons financières pendant quelques semaines avant d'être repêché), le FC Nantes doit vendre de nombreux joueurs importants : Thierry Bonalair (Auxerre), Jean-Jacques Eydelie et Marcel Desailly (Marseille), Joël Henry, Thierno Youm, et surtout la star de l'équipe Jorge Burruchaga (Valenciennes). Johnny Molby et David Saint-Guily, qui n'ont pas convaincu, quittent aussi l'équipe.
Pour faire face à cette hémorragie, le club mise sur les jeunes et peu de joueurs sont recrutés : l'Uruguayen Jose Dalmao, le Rennais Serge Le Dizet et le revenant Fabien Debotté (Caen) renforcent l'effectif.
Disposition tactique : Pour cette équipe rajeunie, Coco Suaudeau adapte la tactique aux points forts des joueurs, et plus particulièment de Pedros et Makélélé (acheté à Brest 6 mois auparavant), qui découvre la D1. L'équipe s'appuie sur une défense à 4 classique, deux milieux défensifs (dont un plus offensif et excentré à droite), deux milieux offensifs (dont un excentré à gauche, cette fois) et un duo d'attaquants.
En vrac :
-En début de saison, puis ensuite en fonction des absences, le polyvalent Karembeu joue souvent au milieu de terrain. Mais sa place dans un effectif au complet est clairement à droite de la défense.
Détails saison 1993-94
Nantes 5ème
Pedros 37 match
Transferts à l'intersaison :Départs de Zoran Vulic (Majorque), Fabien Debotté (Ancenis) et Jose Dalmao (Dunkerque).
Côté recrues, les renforts sont Nourredine Naybet (WA Casablanca), Christophe Pignol (Istres) et Samson Siasia (Lokeren).
Disposition tactique : Comme la saison précédente, Suaudeau module son 4-4-2 en fonction des particularités des meilleurs joueurs de l'effectif : 4 défenseurs à plat, deux milieux défensifs (dont un plus avancé et positionné plus à droite), un milieu offensif gauche, un meneur de jeu et deux attaquants de pointe.
En vrac :
-Patrice Loko, parfois blessé et victime de problèmes personnels, manque une grande partie des matches de la saison, mais est titulaire indiscutable quand il est opérationnel.
-En fin de saison, Pignol devient titulaire sur le côté gauche de la défense. Le Dizet bascule alors à droite et Karembeu au centre, à la place de Guyot. Karembeu joue aussi en quelques occasions au milieu de terrain.