DU POUSSIN AU CANARI
REYNALD PEDROS avait à peine quatorze ans et tapait le ballon au sein d'une sélection de la ligue du Loiret sur le terrain de Beaugency. Mais ce jour-là, comme cela arrive parfois, il y avait un recruteur nantais au bord de la pelouse. Le scénario est classique : les parents, qui tiennent un petit commerce en ville, acceptent après avoir pesé le pour et le contre de laisser partir leur fils pour un stage d'une semaine au centre de la Beaujoire, loin là-bas en Loire-Altlantique. Sept ans plus tard, Pedros y est toujours. Mieux, ce joueur au regard hésitant fait aujourd'hui partie des révélations de l'équipe qui domine le championnat de France et s'apprête à partir trois jours à Clairefontaine, à la demande de Gérard Houllier, en compagnie des « espoirs trois étoiles » qui frappent aux portes de l'équipe de France.
Tout est allé si vite qu'à vingt et un ans, l'attaquant nantais, qui semble avoir conservé son physique d'adolescent, ne réalise pas toujours à quel étage il se trouve. Exemple lorsqu'il évoque la méthode de son entraîneur, Jean-Claude Suaudeau : « Il passe beaucoup de temps à nous faire travailler les exercices de base. Les autres coaches ne peuvent pas se le permettre car ils s'adressent à des pros
(sic)».
Reynald Pedros en oublie que lui et sa bande de potes sont justement en train de leur faire la leçon aux « pros » qui, dans sa bouche, veulent dire « stars ». Comme la moitié de l'équipe, il est un symbole parfait de l'école nantaise (il a signé son contrat professionnel après l'obtention de son CAP de comptabilité), précipité hors du centre par le cours des événements mais fort d'un esprit d'équipe tissé au fil des ans. « Notre force est de jamais nous désunir, dit-il. On est parti ensemble dans l'inconnu en début de saison en se disant que c'était la meilleure façon de se faire remarquer. Aujourd'hui, on gagne ensemble et s'il le faut, demain, on perdra ensemble. Ici, le collectif veut dire quelque chose car ce jeu-là, on le pratiquait déjà en troisième division. »
L. C.
http://www.humanite.fr/journal/1992-11-02/1992-11-02-663507
REYNALD PEDROS avait à peine quatorze ans et tapait le ballon au sein d'une sélection de la ligue du Loiret sur le terrain de Beaugency. Mais ce jour-là, comme cela arrive parfois, il y avait un recruteur nantais au bord de la pelouse. Le scénario est classique : les parents, qui tiennent un petit commerce en ville, acceptent après avoir pesé le pour et le contre de laisser partir leur fils pour un stage d'une semaine au centre de la Beaujoire, loin là-bas en Loire-Altlantique. Sept ans plus tard, Pedros y est toujours. Mieux, ce joueur au regard hésitant fait aujourd'hui partie des révélations de l'équipe qui domine le championnat de France et s'apprête à partir trois jours à Clairefontaine, à la demande de Gérard Houllier, en compagnie des « espoirs trois étoiles » qui frappent aux portes de l'équipe de France.
Tout est allé si vite qu'à vingt et un ans, l'attaquant nantais, qui semble avoir conservé son physique d'adolescent, ne réalise pas toujours à quel étage il se trouve. Exemple lorsqu'il évoque la méthode de son entraîneur, Jean-Claude Suaudeau : « Il passe beaucoup de temps à nous faire travailler les exercices de base. Les autres coaches ne peuvent pas se le permettre car ils s'adressent à des pros
(sic)».
Reynald Pedros en oublie que lui et sa bande de potes sont justement en train de leur faire la leçon aux « pros » qui, dans sa bouche, veulent dire « stars ». Comme la moitié de l'équipe, il est un symbole parfait de l'école nantaise (il a signé son contrat professionnel après l'obtention de son CAP de comptabilité), précipité hors du centre par le cours des événements mais fort d'un esprit d'équipe tissé au fil des ans. « Notre force est de jamais nous désunir, dit-il. On est parti ensemble dans l'inconnu en début de saison en se disant que c'était la meilleure façon de se faire remarquer. Aujourd'hui, on gagne ensemble et s'il le faut, demain, on perdra ensemble. Ici, le collectif veut dire quelque chose car ce jeu-là, on le pratiquait déjà en troisième division. »
L. C.
http://www.humanite.fr/journal/1992-11-02/1992-11-02-663507
